Chambre d'agriculture

Témoignages


Denis Pilon et Dominique Thizy, 2 éleveurs laitiers du Rhône

Rencontre avec Denis Pilon et Dominique Thizy, les 2 associés du GAEC des boutons d’or à Panissières. Ils sont éleveurs laitiers et leur association au sein du GAEC date du premier mai 2017.

Denis est devenu agriculteur, il y a 6 mois, en s’installant au sein du GAEC des boutons d’or, crée en rassemblant d’une part la ferme transmise par Alain et Hélène, ses parents, et d’autre part celle de Dominique.

Dominique s’est installé en 2001 avec son frère, avec l'aide du Répoertoir Départ Installation/ A la suite du changement d’orientation professionnelle de ce dernier, en octobre 2015, Dominique est à la recherche d’un associé : « Hors de question pour moi de continuer tout seul ! » . Il s’inscrit donc auprès du RDI de la Chambre d’agriculture de la Loire. Ce dispositif national permet de mettre en relation des agriculteurs à la recherche d’un successeur ou d’un associé  avec des porteurs de projet souhaitant devenir agriculteurs.

Pour Denis, fils d’un agriculteur de Panissières, l’envie de reprendre la ferme familiale avait toujours été présente. Lorsqu’il apprend que Dominique recherche un associé et que cela se confirme officiellement via l’inscription au RDI, il prend contact avec lui. « Sans le savoir, nous étions tous les 2 à la recherche d’une solution pour s’associer. Moi, je ne me voyais pas reprendre seul la production laitière de mes parents.  Mon épouse me disait : C'est maintenant ou jamais. Alors je l'ai fait ! »

Après plusieurs rencontres, Denis décide de quitter son travail pour démarrer un stage reprise chez Dominique pour se « tester ». Objectif : apprendre à se connaître, travailler et prendre des décisions ensemble.

Dès le départ, Dominique et Denis travaillent en confiance : «  Dominique a joué cartes sur table tout de suite. J’ai eu accès à toutes les informations comptables et financières….jusqu’au code du compte bancaire de l’exploitation. » Pendant toute la période de test, le conseiller du RDI de la Chambre d’agriculture de la Loire les accompagne pour que le triple projet d’installation de Denis de transmission de ses parents et d’association avec Dominique  mûrisse.

Début 2017, ils décident de sauter le pas. Alain et Hélène prennent leur retraite. Denis intègre le GAEC des boutons d’or. Leurs projets ? Agrandir le bâtiment d’élevage et robotiser la traite.

https://www.repertoireinstallation.com/

S'installer, transmettre avec le RDI : regards croisés

Les 3 associés du GAEC : Pierre-Antoine, Loïc, Charly (de gauche à droite)

Prendre son temps, anticiper, rencontrer et être clair sur ses objectifs : des clés de réussite quand on fait appel au Répertoire Départ Installation.

Le GAEC des Cordiers est basé à St Jean de Chevelu en Savoie. Il est composé de 3 associés : Loïc, Eric et Charly. Eric s’est installé en 2004, par l’intermédiaire du Répertoire Départ Installation (RDI). Puis il a fait le choix d’une reconversion professionnelle. Le GAEC a cherché un nouvel associé en faisant de nouveau appel au RDI pour leur recherche.  Moins de deux ans après leur inscription, Pierre-Antoine s’est installé à la suite de l’associé sortant. Voici le bilan de cette installation vu par Pierre-Antoine et par Loïc.


Depuis quand étiez-vous inscrit au RDI ?

Pierre-Antoine : "En 2010, j’ai rencontré le Point Accueil Installation pour m’aiguiller sur les démarches à effectuer en vue d’une installation. La conseillère m’a orienté vers le RDI pour trouver une structure. Je souhaitais m’installer en société et en Savoie. Le conseiller RDI m’a donné environ 10 fiches d’exploitations. Je suis allé en visiter neuf. La dixième m’a contacté, et c’est sur celle là que j’ai débuté un stage reprise qui n’a pas abouti."

 

Par la suite, avez-vous réussi à vous remettre en recherche ?

Pierre-Antoine : "A la suite de cet échec, je n’avais plus envie de chercher une exploitation, je doutais de moi. Quelques mois plus tard, la conseillère RDI m’a recontacté pour faire le point avec moi. Elle m’a fait passer plusieurs offres dont celle du GAEC des Cordiers, mais je n’ai appelé personne. C’est à ce moment là que Loïc m’a contacté. Je suis allé les voir trois fois, mais il m’a fallu du temps pour prendre une décision. Le GAEC a respecté ce besoin de prendre du recul. J’ai insisté pour avoir un suivi sur les relations humaines avec la Chambre d’Agriculture. Je me suis installé suite à une année de stage reprise qui m’a permis de confirmer mon choix."

 

Quels conseils donneriez-vous aux candidats en recherche d’exploitation ?

Pierre-Antoine : "Tout d’abord réfléchir à ses objectifs, et avoir les mêmes que les agriculteurs, ensuite prendre le temps, ne surtout pas se précipiter. Pour les personnes en couple, il faut que la compagne soit associée au projet, qu’elle soit un soutien."

 

Et pour les exploitants à la recherche d'un associé ?

Pierre-Antoine : "Il faut que la place du futur associé soit déterminée en terme de tâches à accomplir. Mais aussi que sa place soit préparée dans la structure, que les exploitants soient prêts à accueillir quelqu’un."

 

Comment avez-vous connu le RDI ?

Loïc : "Je viens de la Loire-Atlantique, où le RDI est un dispositif très développé. En arrivant en Savoie en 1994, l'outil n'existait pas et j'ai dû faire le tour des OPA des 2 Savoie pour me faire une liste d'exploitations en recherche d'associé. En 1997, nous avons fait appel une première fois au RDI pour l'installation de Charly, puis en 2002, avant l’installation d’Eric. Et en 2013, lorsqu’il nous a fait part de son souhait d’arrêter l’agriculture, la question de rester à 2 nous a effleuré l'esprit. Mais pour garder nos conditions de travail, nous nous sommes réinscrits au RDI en vue de réinstaller quelqu'un."

 

Comment avez vous abordé ce départ ?

Loïc : "Nous étions en rythme de croisière, le départ d’un associé crée forcément un bouleversement. Il faut se remettre dans une phase d’installation, c’est donc moins confortable d'autant que les dispositifs se compliquent et que les règles changent en cours de route."

 

Avez-vous eu beaucoup de candidats ?

Loïc : "Non pas beaucoup, 3 ou 4 pour chaque recherche d’associé. Et à chaque fois, c’est moi qui ai contacté les candidats : ils cherchent tous une petite structure pour une installation en individuel ! Je les ai fait réfléchir sur leur projet professionnel et de vie. Je leur ai parlé de notre exploitation et de ses atouts. Il faut forcer le contact avec un maximum de candidats, pour être sûr de celui qui conviendra le mieux."

 

Quel seraient vos conseils pour les agriculteurs qui cherchent un associé ?

Loïc : "Les agriculteurs doivent pouvoir offrir une situation claire et précise, surtout dans un GAEC familial : partage des rôles, capital à reprendre, présence d’un bureau, logement. Ils doivent aussi avoir réfléchi à la rémunération, aux conditions de vie qu’ils proposent au candidat. Si possible, ils devraient aussi faire une ébauche de règlement intérieur."

 

Et pour un candidat ?

Loïc : "Voir un maximum d’exploitations, et rester très ouvert, ce conseil est d’ailleurs valable également pour les exploitants."

 

Propos recueillis par Emilie MOULIN, conseillère transmission à la Chambre d'Agriculture Savoie Mont-Blanc

Pour plus d'informations sur le RDI, contactez la Chambre d'Agriculture de votre département

La transmission dans les exploitations laitieres de la Bresse.

Au GAEC du Grand Matrigniat

Zoom  sur la transmission d'un GAEC laitier dans l'Ain

Comme sur le reste du département de l'Ain, sur le territoire Bresse Revermont Val de Saône, la plupart des candidats à l’installation (81 % en 2012 et  68 % en 2013) recherchent une exploitation individuelle exclusivement (source : Répertoire Départemental à l’Installation). Côté cédants, plus de la moitié des personnes identifiées au niveau du RDI (55%) sont des exploitations en société en recherche d’un associé.

 

Ce public, qui représente une part croissante, est souvent inquiet de son remplacement et de la transmission de ses parts sociales. L’absence de renouvellement d’un associé peut dans certains cas conduire à l’arrêt d’activité comme de la production laitière par exemple et en conséquence, fragiliser les outils de transformation, d’autant plus qu’il s’agit souvent de litrages importants.
La cessation d’activité simultanée des associés au sein d’une société peut dans certains cas, faciliter la  reprise du siège d’exploitation, par un couple par exemple, comme dans le cas du GAEC du Grand Matrignat à St Nizier le Bouchoux.


Le Gaec du Grand Matrignat a pris contact avec le Point Accueil Transmission de la Chambre d’agriculture de l'Ain,fin novembre 2012. Ce Gaec laitier souhaitait vendre la globalité du siège d’exploitation et recherchait un repreneur. Valérie BALLAND, à la fois conseillère du Point Accueil Transmission et du Répertoire Départ Installation, leur a proposé de s’inscrire au RDI. « J'ai visité la ferme pour réaliser un audit d'exploitation, puis j'ai lancé aussitôt la recherche de candidats à la reprise. Tout s’est enchainé très vite pour eux. Le 18 décembre 2013, je les ai mis en relation avec un couple d'exploitants du Rhône, installé en Gaec, en production laitière. Ils voulaient se réinstaller sur une exploitation laitière plus importante, mieux structurée et moins pentue. En janvier 2014, ils optaient pour le Gaec du Grand Matrignat et engageaient une étude de reprise. Les cédants étaient très satisfaits car ils voulaient absolument transmettre leur exploitation. C’était une manière de prolonger et de valoriser le travail qu'ils avaient accompli durant toute leur carrière. », explique précise Valérie Balland. « Nos repreneurs se sont installés le 1er mars dernier », souligne Gilbert André. « Nous avions une exploitation bien structurée c’est pour cela qu’on voulait à tout prix éviter le démantèlement. Les repreneurs ont été très réactifs et réalistes, avec un plan de financement bien conçu. Au début nous leur avons donné des conseils pour les accompagner tant sur le plan de la conduite de l’exploitation, que sur l’utilisation du matériel… Nous n’avons eu aucunes difficultés et nous sommes ravis. Je ne peux que remercier Valérie Balland, pour son accompagnement.».

Patricia Flochon pour la Chambre d’agriculture de l’Ain - Diffusion Ain Agricole

Alain Ogier, une transmission exemplaire d’une production atypique

Catherine Blanc et Alain Ogier

Alain Ogier a transmis son exploitation hélicicole

Alain Ogier est bien connu dans le département de l'Ain pour ses succulents escargots, commercialisés en coquilles, mais aussi "croquilles", mini feuilletés pâtissiers, brochettes, stérilisés au court bouillon avec du Chardonnay AOC du Bugey, confits à la graisse d’oie, et les produits beurrés au beurre de Bresse   AOC.

Eleveur d’escargots depuis vingt-quatre ans à Neuville-sur-Ain, il a commencé à réfléchir à la transmission de son activité en 2010-2011. Optant dans un premier temps pour le « bouche à oreille », il s’est ensuite tourné vers la chambre d’agriculture en 2012 qui l’a mis en contact avec six personnes intéressées, inscrites au répertoire départemental à l’installation. « C’est finalement le bouche à oreille qui m’a permis de trouver une repreneuse, Catherine Blanc, de Matafelon, dont le mari, chef de cuisine, était lui aussi amoureux du produit. Pour reprendre une activité comme l’héliciculture, le maître mot, c’est la bonne volonté. Je m’entends très bien avec Catherine et nous avons une vraie facilité de communication. C’est fondamental et élémentaire. », se confit-il.
Une reprise loin d’être évidente de prime abord, car le métier est triple : il s’agit non seulement d’élever les escargots, de les préparer, et ensuite de les commercialiser. Catherine Blanc a suivi une formation de spécialisation en héliciculture au CFPPA de la Motte-Servolex, et Alain Ogier, qui est également intervenant en France dans les formations, a été son maître de stage. Catherine Blanc s’est installée officiellement le 1er janvier 2014, reprenant la production de trois tonnes annuelle, soit un peu plus de deux cents mille escargots. Alain Ogier lui a également transmis le contrat d’utilisation des locaux des Sardières qu’il utilisait jusque là pour la préparation des produits. Grâce à son statut d’auto-entrepreneur, il continue à l’accompagner durant toute l’année sur les interventions de transformation en laboratoire, la maîtrise du goût, etc.
Une parfaite réussite pour Catherine qui explique : « Nous avons beaucoup travaillé ensemble pendant un an et demi, notamment auprès de la clientèle pour la mettre à l’aise. Je trouvais le produit assez sympa, atypique. Pour moi c’est un véritable plaisir quand je vois la réaction des clients. Je ne regrette rien. Il faut beaucoup de relationnel et de contact avec le cédant. Alain Ogier a été hyper motivant. »

Patricia Flochon pour la Chambre d’agriculture de l’Ain - Diffusion Ain Agricole

Angelique, Johan, Kate et Philippe, une transmission réussie

Johan agriculteur à Noire Combe (01)

Angélique et Johann Duboc, 27 ans tous les deux, se sont installés hors cadre familial, à Noire Combe sur la commune de Chezery Forens. Le projet d’installation a pris 4 ans avant d’aboutir. Un parcours semé d’embûches mais finalement plein de richesses.

Depuis le 1er janvier 2013, Angélique et Johan sont installés à Noire Combe. Après 4 années de recherches, ils ont repris l’exploitation de Philippe et Kate Delorme comprenant une maison d’habitation, des  bâtiments, 41 hectares de terrains agricoles et l’élevage en agriculture biologique d’une soixantaine de chèvres. Ils ont créé un GAEC entre époux, « la chèvrerie de Noire Combe». Ils produisent quelque 30 000 litres de lait qu’ils transforment en fromage frais, demi-frais, secs et commercialisent principalement en vente directe à la ferme et sur les marchés de Bourg en Bresse, Bellegarde et Divonne.
Leur projet initial était loin d’être celui-ci. En vacances chez ses grands-parents agriculteurs, Angélique, petite fille, rêvait d’avoir une ferme avec des vaches. Au fil du temps, de ses études et expériences, elle a fait évoluer son idée vers une exploitation caprine afin de pouvoir s’installer seule. Johann, quant à lui, son BTS agricole option forestier en poche, enchaînait différents postes dans le bâtiment. Mais en consultant les annonces et en visitant les exploitations, ils ont vite réalisé qu’il faudrait s’installer à deux. En 2009, ils se sont inscrits au répertoire départ installation avec, en vue, un projet de reprise d’une exploitation à Billiat. Malheureusement, la reprise ne s’est pas concrétisée, le propriétaire ayant changé d’avis.
Valérie Balland, conseillère RDI à la chambre d’agriculture, leur a alors proposé de rencontrer Mr et Mme Delorme, qui avaient le même profil qu’eux : installés hors cadre familial sur une exploitation similaire à leurs attentes. Les enfants de Kate et Philippe ne souhaitant pas reprendre l’exploitation, ceux-ci se sont montrés très intéressés par leur candidature. Ils ont étudié un projet de transmission avec Angélique et Johann. Après de nombreux contacts et un stage de pré-installation d’environ une année, les exploitants leur ont cédé leur exploitation en toute confiance.
Pour Johann et Angélique, il est important de pouvoir rencontrer des cédants, des futurs installés, échanger des idées, partager son expérience comme lors des  journées cédants-repreneurs organisées par le RDI afin de mieux comprendre les attentes des uns et des autres.
Propos recueillis par Sophie Backeland

Georges Robin, la transmission ça se prépare !

Georges Robin

Georges, âgé aujourd’hui de 68 ans, est à la retraite depuis mars 2011. C’est maintenant David , rencontré grâce au Répertoire Départ Installation, qui est à la tête de son exploitation à Leyrieu en Isère. Une transmission « hors cadre familial » qui répond pleinement aux objectifs de Georges et son épouse.
« Notre exploitation de 68 ha était tournée vers la production de céréales et de légumes. Notre fils qui était intéressé par l’élevage ne souhaitait pas reprendre la ferme familiale. Nous étions surs que notre ferme  représentait un bon potentiel pour un jeune grâce  à  la production d’asperges.  Nous ne  voulions pas que cette activité s’arrête, pour ne pas décevoir  notre clientèle fidèle depuis 30 ans ! Alors, nous n’avons jamais cessé d’investir pour garder un outil de production au top et surtout viable. Puis nous avons vraiment commencé à nous renseigner, j’avais 63 ans. Nous avons suivi une formation pour bien connaître toutes les étapes de la transmission. Et nous nous sommes inscrits au Répertoire Départ Installation. Nous avons rencontré plus de 20 repreneurs potentiels. Nous étions presque découragés quand David s’est présenté.  Très vite nous avons senti qu’il était un jeune qui avait les pieds sur terre et que nous pouvions nous entendre. Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises. David est venu travailler 2 mois avec nous pendant la récolte des asperges. Et  chacun s’est décidé, lui à s’installer, nous à l’accompagner … et nos propriétaires à lui signer des baux. Ils nous ont tous fait confiance et là aussi cela a été une grande chance.
Pour ma femme et moi, permettre l’installation d’un jeune c’était vraiment une évidence, c’est l’avenir de notre métier qui est en jeu.  Et nous sommes très contents du choix que nous avons fait, même si il n’a pas toujours été compris par les collègues du village. Nous nous sommes pleinement engagés dans ce projet en accompagnant David. Un jeune a besoin d’être soutenu et en même temps il doit prendre sa place de chef d’exploitation. Il faut savoir trouver la bonne ligne de conduite entre confiance, soutien, respect des choix du jeune et  retrait progressif de l’ensemble des activités de  l’exploitation pour les cédants. Je pense que l’essentiel  pour réussir c’est l’anticipation : réfléchir à l’avenir, bien connaître les démarches, et prendre le temps de choisir la personne en qui on a une totale confiance."

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